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Notre objectif est d'atteindre le nord du lac Llanquihué, celui-là même prés duquel nous avons dormi, lors de notre première nuit dans la région. Nous faisons d'ailleurs un petit détour par la petite ville de Puerto Varas, qui nous avez accueilli, une semaine auparavant. Par beau temps, nous découvrons un visage de la ville beaucoup plus accueillant. Nous admirons le volcan Osorno, omniprésent, avec son dôme de neiges éternelles surplombant majestueusement les flots bleus du lac Llanquihué.
Nous poursuivons notre route, et atteignons le village de Puerto Octay vers 18 heures 30. Nous suivons alors une piste qui nous amène jusqu'à l'hôtel Cintinella, situé au bout de la presqu'île du même nom, où nous demandons un hébergement pour les trois jours qui suivent. Le réceptionniste nous propose des "cabañas", sorte de mobil home, très nombreux dans la région. Nous nous installons dans une de ces cabanes dominant le lac, situées face au volcan, puis nous prenons le repas dans l'hôtel, dans une ambiance rendue un peu austère par le fait que nous sommes les seuls clients.
Dimanche 13 décembre
Contrairement au plan que nous avions initialement établi, nous décidons, ce matin, en nous levant, de ne pas rester une nuit de plus dans notre cabane. Certes, nous avons très bien dormi; Cependant, la fraîcheur régnant à l'intérieur de l'habitation et la morosité ambiante de ce "Finistère" nous incitent à rechercher un lieu plus accueillant.
Le montant facturé pour le sobre repas que nous avons pris la veille, nous confirme dans notre choix.
Au moment de payer, comme nous demandons à payer en dollar, le réceptionniste nous calcule le montant, en pratiquant une règle d'arrondi qui nous est particulièrement défavorable. Nous protestons pour le principe et obtenons finalement gain de cause.
Nous démarrons notre véhicule, pour effectuer la plus courte étape de notre périple… Moins de deux kilomètres plus loin, nous nous présentons dans une pension très bien située, sur une sorte d'isthme d'à peine plus de 50 mètres de large, à la limite de la presqu'île de Centinella. Une plage fait face à la résidence. L'intérieur est également agréable. Enfin, le prix est deux fois et demi inférieur à celui pratiqué la nuit dernière. Nous prenons donc la décision, cette fois-ci ferme et définitive, de rester ici, durant les deux nuits suivantes.
Isabelle discute durant un moment avec la patronne, une dame d'un certain âge, qui vit seule, aidée par une jeune fille métisse. La propriétaire lui confie qu'elle a des origines françaises de part son grand-père paternel. Elle porte d'ailleurs le nom de Touret.
Une fois toutes ces opérations effectuées, nous décidons d'aller visiter le village de Puerto Octay. Après avoir envisagé de nous y rendre à pied, nous prenons finalement la voiture, afin d'éviter de respirer, en cheminant le long de la piste, les nuées de poussière soulevée au passage de chaque véhicule.
Une fois arrivés au bourg, nous effectuons quelques courses, puis nous partons pour un petit tour pédestre. En chemin, nous passons près d'un camping, d'où s'élève une certaine animation. Des jeunes grattent la guitare, tandis que des gens discutent tranquillement et font ripaille sous les arbres. Nous nous approchons, car j'ai repéré des barques à louer, sur la berge.
Je convainc Isabelle de venir faire un tour sur le lac. Nous prenons possession d'une embarcation. La fille qui s'occupe des locations me demande si je sais ramer. Je répond fièrement oui, mais je déchante un peu, quelques instants plus tard, lorsque je rencontre certaines difficultés à sortir la barque de son lieu d'amarrage. Je retrouve finalement mes marques, et commence à pagayer en direction du large, sous les yeux d'Isabelle, qui n'est qu'à moitié rassurée.
En nous éloignant un peu du rivage, nous affrontons des eaux un peu plus agitées, ce qui fait quelque peu tanguer la barque, et achève d'inquiéter Isabelle. Nous faisons donc demi-tour, après avoir contourné deux minuscules îlots habités uniquement par des canards, et reposons pied sur terre, au bout d'une demi-heure.
Nous poursuivons notre ballade.
Nous traversons maintenant un quartier situé sur le sommet d'une colline dominant le lac. Cet endroit est magnifiquement situé, mais les habitations qui le composent sont très pauvres.
Il s'agit de cabanons faits de bric et de broc, dans lesquels les hommes vivent au voisinage de la basse-cour. Malgré ces conditions difficiles, nous rencontrons des enfants heureux, qui jouent tout simplement dans la rue.
Nous regagnons notre véhicule et retournons à notre pension. Nous préparons quelques vivres, puis nous allons à la plage située juste en face. De nombreuses personnes profitent de ce dimanche ensoleillé de fin de printemps, pour faire "trempette".
Voyant tous ces gens en train de s'ébattre dans le lac, je décide de les imiter, et tente la baignade. Mais dieu que l'eau est fraîche. A mon avis, elle ne dépasse pas les 15 degrés. Je fais quelques brasses et reviens bien vite, tout transis.
Nous restons encore quelques temps sur la plage, puis nous rentrons à notre résidence. Nous ressortons vers 18 heures, pour aller au salon de thé de "tante Valy", situé en pleine campagne, prés de la route de Frutillar.
Les "Kuchenes" de tante ValyNous nous retrouvons dans une ambiance typiquement Allemande, où nous dégustons d'excellents gâteaux, appelés "Kuchenes", suivant une étymologie mélangeant l'Allemand Kuchen signifiant gâteau et une terminaison hispanique. Nous terminons la journée par un footing au soleil couchant, jusqu'à l'hôtel où nous avons passé la nuit précédente. Nous revenons, en longeant la plage, ce qui nous donne l'occasion de faire un bain de pied, au moment où la grève laisse place à des roselières.
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