Index photos
Episode précedent
Page d'accueil

Contact: isa.jls@wanadoo.fr
Récit complet
Episode suivant

Le jour le plus long

Lundi 21 décembre

Aujourd'hui, c'est le solstice. Dois-je dire d'été ou d'hiver ? Cela dépend de quel coté on se place…

Vers 4 heures du matin, je suis éveillé. Je n'arrive pas à dormir. Finalement, à 4 heures 30, je décide de me lever et d'aller faire un petit tour. Le jour a déjà point, à l'horizon. J'enfile mes chaussures de randonnées et commence à grimper à travers les prés au dessus du camping. Très vite, je surprend un lièvre, puis deux, puis trois. Un peu plus haut, j'en compte dix dans mon champ de vision. En m'élevant en altitude, j'espère profiter d'un beau panorama bien ouvert vers l'est, pour admirer le lever du soleil. Malheureusement, le ciel est un peu voilé, ce qui ternit quelque peu les couleurs de l'aube. Je poursuis cependant mon ascension dans les prés. Devant moi, coté nord, les Tours granitiques symboles du parc, sont de plus en plus visibles.

Je me retrouve bientôt dans une forêt accrochée à la pente. Les arbres y sont tout d'abord assez clairsemés, mais à mesure que je progresse vers le haut, la végétation se densifie. Je suis maintenant obligé de louvoyer et j'ai de plus en plus de peine à maintenir un cap. Cela fait maintenant près d'une heure que je suis parti. J'aperçois de temps à autre, ce qui me semble être le sommet de la montagne sur laquelle je grimpe, et petit à petit, naît en mois le challenge de l'atteindre, d'autant plus que la pente ne paraît pas infranchissable. Je sors bientôt de la forêt pour me retrouver au pied d'une zone d'éboulis qui se prolonge jusqu'au sommet. Je suis monté jusque là à un bon rythme, presque en courant, mais la fatigue commence à se faire sentir. Plus j'avance, plus le sommet semble s'éloigner. Finalement, au bout de deux heures d'effort, j'atteins mon objectif, qui en fait n'est pas le sommet de la montagne, mais plutôt un dernier mamelon avant le véritable sommet. Face à moi, les pics granitiques formant les Torres del Paine se dressent fièrement, et je domine l'ensemble des lacs de la partie sud du parc national. Je contemple durant un moment ce merveilleux spectacle. Un coup d'śil sur l'altimètre m'apprend que je suis à 1150 mètres d'altitude, alors que j'ai démarré à 200 mètres.

J'entame la descente, en espérant que mes chaussures, qui donnent des signes de faiblesse, tiendront jusqu'au bout. J'effectue une grisante cavalcade dans les éboulis, et en moins d'une heure, je suis de retour au camping. Je prends une bonne douche puis je réveille Isabelle, et nous allons prendre un petit déjeuner au refuge.

De retour à la tente, nous la plions tranquillement. Nous avons tout notre temps, étant donné que le premier bus avec lequel nous pouvons revenir à Puerto Natales, n'est pas annoncé avant 16 heures, alors que l'arrêt de bus, situé à hauteur de la maison des gardes du parc, n'est qu'à une heure et trente minutes de marche. Le temps, qui devient menaçant, nous incite cependant à nous activer. Finalement, nous levons le camp vers 11 heures. Pour nous rendre jusqu'à la maison des gardes, nous devons suivre une piste routière. Chaque véhicule qui passe soulève un nuage de poussière. Nous prenons garde de marcher un peu en retrait de la route, et si possible, du coté d'où vient le vent. Nous atteignons notre but vers 12 heures 45.

D'autres randonneurs attendent paisiblement.

Après avoir confié nos sac à dos à la surveillance des gardes, nous partons faire un petit tour pour admirer les guanacos qui paissent paisiblement dans le secteur.

De retour vers 14 heures, nous nous allongeons dans l'herbe.

A nos cotés, un randonneur nous propose gentiment des petits gâteaux. Nous engageons la conversation. Il s'agit d'un Italien, habitant à Turin, qui effectue un long séjour en Amérique du Sud, qui se prolongera jusqu'au 30 janvier. Nous devisons ainsi pendant un long moment, quand un garde du parc nous fait signe qu'un minibus de la compagnie que nous attendons, est arrêté, à quelques mètres. Nous quittons précipitamment l'Italien, un peu désappointés, et tentons de lui expliquer où se situe la résidence dans laquelle nous sommes hébergés, à Puerto Natales… Peine perdue, nous ne le reverrons pas.

Index photos
Episode précedent
Page d'accueil

Contact: isa.jls@wanadoo.fr
Récit complet
Episode suivant