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Mercredi 16 décembre
Nous nous levons assez tard vers 9h 45. Après un petit déjeuner copieux, en présence des propriétaires ( dont le mari boit encore le fameux maté), nous partons vers 10h30, histoire de faire quelques courses et de nous renseigner sur les bus qui vont au Parc National Torres del Paine. Le temps est à la pluie. Nous nous arrêtons dans une agence de voyage. On nous indique que le bus jusqu'à Torres del Paine coûte 8000 pesos A/R. (100F).
La veille au soir, rameutés par un jeune garçon, nous nous étions renseignés auprès d'une autre agence, et bien que nous ayons préalablement expliqué que nous souhaitions faire une randonnée pédestre, le responsable avait essayé de nous vendre un tour organisé, incluant une visite en minibus du parc, pour un coût global de 20000 pesos par personne. De cet épisode, nous tirons la conclusion que, contrairement à ce que nous avons pu vivre jusque là, le tourisme est ici une industrie qu'il faut exploiter à fond, en essayant de plumer le plus possible le touriste.
Nous prenons donc un simple aller-retour jusqu'au parc. Nous voulons ensuite faire du change, compte tenu des dépenses qui nous attendent dans le parc. Nous entrons dans un bureau de change. Le cours du change proposé n'est pas très intéressant, mais nous allons faire cependant la transaction, quand un homme derrière nous, nous murmure en français que l'on peut trouver mieux ailleurs. Il s'agit d'un allemand avec qui nous ressortons du bureau de change. Nous discutons un moment avec lui dans la rue. Il voyage seul. C'est un habitué du continent sud-américain ( il travaille à Brasilia)et plus particulièrement du parc Torres del Paine. C'est la troisième fois qu'il y vient. Actuellement, nous dit-il, il y a de nombreux bus qui y mènent mais il y a une dizaine d'année, il était très difficile de trouver un moyen de locomotion pour s'y rendre. Pour cette fois, il doit prendre le bus, l'après-midi même, vers 14 heures.
Nous nous quittons en le remerciant bien pour le tuyau. Nous nous dirigeons alors vers le bureau de change, mais celui-ci est fermé. Passant devant un libre-service, nous en profitons pour acheter des provisions, puis nous rentrons à la pension.
Nous repartons presque aussitôt, pour aller manger dans un petit café. Dehors, il pleut toujours, et nous restons longuement dans cet endroit. Nous en profitons pour écrire quelques cartes postales. Lorsque nous sortons du café, la pluie s'est arrêtée de tomber. Nous nous rendons à nouveau au bureau de change que nous a indiqué l'allemand. Le cours est effectivement bien plus intéressant.
Nos transactions faites, nous décidons d'aller marcher un peu. Nous prenons la route qui longe le bord de mer. Le vent souffle fort. Nous faisons ainsi, prés de 6 kilomètres, jusqu'au minuscule village ouvrier de Bories, dans lequel se trouve une entreprise de congélation, jadis prospère. Aujourd'hui, ce lieu a un aspect plutôt sinistre, surtout avec le ciel bas et gris qui nous domine.
Nous revenons sur nos pas, en adoptant une allure de footing. En arrivant à l'entrée de Puerto Natales, Isabelle me dit qu'il lui semble reconnaître au loin "notre allemand" du bureau de change. Je lui rétorque que c'est impossible, car il est parti à 14 heures pour le parc national. Et pourtant, il s'agit bien de lui. Il vient à notre rencontre, et nous commençons à discuter. En fait, il a raté le bus, pour 5 minutes de retard. Nous cheminons ensemble le long de la mer, puis vers le centre de Puerto Natales.
Durant la conversation, Isabelle demande à notre interlocuteur s'il est retraité, ce qui le fait beaucoup rire, car il a à peine plus de 40 ans. Nous faisons quelques boutiques ensemble. Tout cela nous conduit jusqu'à 19 heures 30. Nous décidons d'aller ensemble au restaurant, et nous donnons rendez-vous à 20h40, ponctualité allemande oblige! Nous retournons à notre pension et finissons le préparatifs des sacs à dos pour le lendemain.
Nous nous présentons au point de rendez-vous, à 20h40 précise. L'allemand arrive 5 minutes après… nous rigolons de ce retard inhabituel. Il nous explique qu'il vient de prendre connaissance, en écoutant la radio Allemande Internationale, de l'intervention américaine et britannique sur l'IRAK. Il nous propose d'écouter avec lui, durant quelques minutes encore, les développements de cette actualité.
Nous nous rendons ensuite au restaurant. Nous faisons plus ample connaissance avec notre ami Allemand, qui se prénomme Hubertus et vit actuellement au Brésil. La soirée se déroule agréablement. En plusieurs occasions au cours de la soirée, Hubertus fait allusion à la remarque d'Isabelle sur sa situation de retraité.
Nous nous quittons vers 23 heures, après avoir échangé nos adresses.
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